Fonds photographique Fernand Watteuw

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Biographie

Fernand Watteeuw est né à Sainte-Geneviève (Oise) le 28 décembre 1913. Troisième enfant d'Edmond Louis Watteeuw (1873-1941) et de Lucile Gabrielle Priolet (1872-1944), il a deux sœurs, Thérèse et Geneviève, respectivement nées en 1902 et 1904. Sa famille était originaire de Belgique. Son grand-père, Charles Adolphe, né à Courtrai en 1837, est arrivé en France dans les années 1850-1860 et s'est installé comme mécanicien-tourneur. Il fabriqua notamment des machines pour brosserie. Cette activité fut reprise par son fils (Edmond Watteeuw) qui déposa de multiples brevets d'invention, puis par son petit-fils Fernand. Mais, après la guerre, lorsque Fernand Watteeuw reprit l'activité de son père (décédé en 1941), la brosserie traditionnelle était en déclin. Il poursuivit, durant toute la durée de son activité professionnelle, la maintenance et le commerce de quelques machines, en plus de ses activités de mécanicien-automobile.

 

Fernand Watteeuw débuta en photographie dès 1929 lorsque son père lui offrit son premier appareil photographique, un Foth 6x9 à pellicules. Il se perfectionna lors de son séjour au sanatorium de Durtol (Puy-de-Dôme) en 1932-1933, établissement qui abritait un laboratoire photographique dans lequel Fernand a côtoyé d'autres pensionnaires amateurs éclairés.

 

Dans les années 30, Fernand fit deux rencontres décisives. La première, en la personne de Charles Fauqueux, historien du Beauvaisis. Ce dernier, craignant une invasion allemande, encouragea Fernand Watteeuw à photographier Beauvais. Il le fit, et c'est ainsi que nous possédons des vues remarquables du Beauvais d'avant-guerre, puis de la ville détruite par les bombes incendiaires allemandes en juin 1940. Par la suite, Fernand n'eut de cesse de photographier la ville et sa reconstruction. En 1938, il rencontra le photographe amateur Charles Commessy (1856-1941) qui lui apprit beaucoup " en matière de technique photographique " et lui donna notamment le goût de la photographie stéréoscopique.

 

Après la guerre, la photographie de Fernand Watteeuw évolua beaucoup. Essentiellement photographie urbaine jusqu'alors, elle se déclina au gré de ses nombreuses passions : archéologie, faune, flore, aviation, voyages... Dans le même temps, il aborda de nombreuses techniques (sténopé, colorisation, Aristochrom, Telcolor, Dye-Transfert,…). Sa photographie est à la fois documentaire et esthétique. Fernand avait d'abord à cœur de garder la mémoire de ce qui l'entourait.

Dans les années 1970-1980, Fernand Watteeuw réalisa plusieurs expositions et publia en 1980 avec le Groupe d'étude des monuments et œuvres d'art de l'Oise et du Beauvaisis (GEMOB) l'ouvrage Beauvais et les Beauvaisiens des années 40. Les années 1990 virent son activité photographique se ralentir et devenir essentiellement documentaire. Il réalisa notamment de nombreux reportages sur les fouilles archéologiques beauvaisiennes (église de la Basse-Œuvre, Hôtel-Dieu, Place Clémenceau…).

Célibataire et sans descendance, il mourut le 31 mars 2003, laissant en héritage près de 17 000 négatifs et plus de 22 000 tirages.

REPERES CHONOLOGIQUES

Vers 1837 : naissance de son grand-père Charles Adolphe Watteeuw en Belgique. Il deviendra mécanicien. On ne connait pas la date exacte de son arrivée en France. Il est naturalisé le 22 novembre 1897.

 

16 juillet 1864, à Gouvieux (Oise), mariage de Charles Adolphe Watteeuw avec Ernestine Félicité Mellé (née le 23 mai 1841 à Gouvieux).


17 décembre 1873 : naissance, à Sainte-Geneviève (Oise), du père de Fernand, Edmond Louis Watteeuw, qui deviendra constructeur-mécanicien et épouse en seconde noce, le 3 janvier 1900, à Sainte-Geneviève (Oise), Lucile Gabrielle Priolet née le 18 juin 1872 à Verberie, fille du brigadier de gendarmerie Jean-François Hippolyte Priolet et de Marie Valentine Lourette.


20 août 1900 : le premier enfant d'Edmond et Gabrielle Watteeuw naît sans vie à Sainte-Geneviève.


18 mars 1902 : naissance à Sainte-Geneviève de la sœur aînée de Fernand : Thérèse Geneviève Watteeuw. Le 20 septembre 1926, elle épousera Jacques Dupont, ingénieur, à Beauvais (né le 25 janvier 1898 à Beauvais, décédé le 6 octobre 1961 à Asnières).


13 avril 1904 : naissance à Sainte-Geneviève, de la deuxième sœur de Fernand : Geneviève Watteeuw, avec qui il cohabitera jusqu'au décès de celle-ci le 8 août 1999.


28 décembre 1913 : naissance à Sainte-Geneviève de Fernand Watteeuw.


1914 : A l'approche des Allemands, la famille Watteeuw évacue à Elbeuf (Seine-Maritime) pendant l'été. Ils seront de retour à Sainte-Geneviève à l'automne.


1918 : La famille Watteeuw emménage à Beauvais, rue de Nivillers (actuelle rue du Pressoir Coquet).


Avril 1929 : Edmond fait apporter à son fils, par M. Gatelet (photographe négociant de Beauvais) un appareil photo 6x9 à pellicules : Foth. Fernand réalise sa première photographie lors d'une sortie familiale à Arques-la-Bataille.
Il donne d'abord ses films à développer et à tirer sur papier, puis s'y essaye avec " de vieux produits, venant de [son] père qui en avait fait au début du siècle ". Après quelques essais, avec Geneviève, il parvient à " mettre sur papier ". Il apprend également à développer ses films.


Années 30 : Fernand rencontre, à la Société d'horticulture, Charles Fauqueux, passionné comme lui de mycologie, qui lui apprend comment reconnaître les champignons. " Charles Fauqueux était d'une grande érudition et sa connaissance de Beauvais était immense ". Fernand lui montre ses clichés de Beauvais et Charles Fauqueux, craignant une invasion allemande et la destruction de la ville, l'encourage à multiplier les photographies de la ville. Fernand ne croit pas à cette prédiction mais suit néanmoins le conseil. Seize de ces photographies illustreront l'ouvrage de Charles Fauqueux sur Les rues et places de Beauvais qui paraîtra en 1949.


5 octobre 1930 : catastrophe du dirigeable britannique R 101 qui s'écrase à Allonne. Fernand prend quelques clichés de la carcasse de l'appareil.


1931 : Fernand échange son premier appareil Foth pour en avoir un semblable mais pouvant utiliser indifféremment les films 6x9 et les plaques de verre du même format.


1932 : Fernand obtient son permis de conduire. Ayant terminé ses études de dessin et de mécanique à l'école professionnelle de Beauvais, il travaille à l'atelier de mécanique pour brosserie et au garage de son père.


Mars 1932-1933 : Fernand séjourne au sanatorium de Durtol (Puy-de-Dôme) pour soigner sa tuberculose. Un laboratoire pour les photographes amateurs y a été aménagé et Fernand y côtoie beaucoup d'amis plus chevronnés que lui en photographie. Il y fait des progrès considérables.


1933 : Fernand, tourneur-mécanicien-électricien, est exempté du service militaire pour raisons de santé.


1934 : Fernand, n'ayant pas les moyens de s'offrir un agrandisseur photographique, en fabrique un lui-même. " Réalisation avec une boite carrée allongée en bois au fond de laquelle [il a] mis une lampe opale et de l'autre côté placé une glissière pour mettre le film négatif. Cette " boite à lumière " était posée à plat sur le marbre de la commode d'une petite chambre qui va devenir [son] laboratoire jusqu'en 1968 ".


1936 : Fernand s'achète un Bessa Voigtlander chez M. Bertrand, photographe négociant beauvaisien. " Il est vraiment excellent, cet appareil ". En 1988, Fernand l'utilise toujours.


Fernand commence ses recherches pour réaliser un dispositif corrigeant à l'agrandissement la déformation résultant du défaut de parallélisme entre l'appareil à pellicule et le sujet. Il y parviendra pendant la guerre 1939-1945 et l'utilisera tout au long de sa vie.
Fernand réalise ses premiers sténopés sur plaques 6 ½x9 (appareil photographique primitif à la chambre noire fabriquée maison en tôle d'aluminium).


1938 : Sur les conseils de Charles Fauqueux, Fernand rend visite au photographe amateur Charles Commessy (1856-1941), à Voisinlieu. Très bien accueilli, il y retourne plusieurs fois par la suite. Charles Commessy lui apprend beaucoup et lui donne le goût de la stéréo. Il lui offrira également quelques plaques et quelques épreuves extraites de sa production personnelle qui seront les premiers éléments d'une collection et le début de l'intérêt de Fernand pour le patrimoine photographique régional.


1938 : Première adhésion au photo-club du Comité des Loisirs de Beauvais.


Hiver 1938-1939 : Fernand réalise des Aristochrom (procédé pour coloriser les photographies noir et blanc). En s'inspirant de cette technique, il mettra au point un procédé de pigmentation des épreuves photographiques, pendant la guerre 1939-1945.


Mai-août 1940 : Evacuation de la famille Watteeuw à Poitiers (Vienne).


5-9 juin 1940 : La ville de Beauvais est incendiée par l'aviation allemande et son centre-ville détruit à 80 %.


Hiver 1940-1941 : La famille Watteeuw cohabite avec les Allemands qui ont réquisitionné une partie de leur maison. Ils la quitteront le 21 avril 1941.


24 janvier 1941 : Décès d'Edmond Watteeuw. Fernand reprend alors seul l'atelier de mécanique de son père.
22 mars 1944 : Décès de Gabrielle Watteeuw.


Fernand achète un petit appareil au format 24x36, l'Eljy de Lumière. " Les résultats et la netteté laissent à désirer ".


Mai 1944 : Fernand photographie l'occupant allemand, à son insu, en dissimulant son appareil dans un panier fixé sur son vélo.


30 août 1944 : Libération de Beauvais par les Britanniques.


11 août 1945 : Reportage sur la première visite du général De Gaulle à Beauvais.


1946 : Fernand achète un Foca 24x36 à télémètre couplé qui utilise le film 35 mm et donc les films Kodachrome (films positifs couleur). Il l'utilisera jusqu'au début des années 80.


Premier départ en vacances de Fernand et Geneviève. Ils fabriquent une tente avec une bâche de camion allemand récupérée à Poitiers et accumulent les tickets nécessaires, alimentation et essence, puis partent pour la Bretagne.


1947 : Fernand achète d'occasion un appareil réflex mono-objectif de fabrication allemande, l'Exacta. Il l'achète avec un grand-angle et un Tessar normal de 75 mm. L'image de 4x6 ½ est plus grande que celle obtenue avec le film 24x36. Il y ajoute un téléobjectif de 300 mm et un Héliar de 170 mm pour le portrait. Il y monte même un objectif de la fin du XIXe siècle, cadeau de Charles Commessy, à focale variable et diaphragme à vanne dénommé " trousse de Darlot ". Il fabrique également pour cet appareil un " statif " pour faire de la macrophotographie.


Vers 1947-1948 : Fernand achète un Heidoscop (appareil stéréoscopique 6x6).


6 mars 1948 : Reportage sur la deuxième visite du général De Gaulle à Beauvais.


1950 : Premiers essais de tirage des photographies en couleur sur papier par le procédé Dye-Transfert Kodak (tirage trichrome).


10-28 juin 1950 : Exposition " Un demi-siècle d'histoire beauvaisienne " organisée par le Photo-club beauvaisien.


1951 : L'exposition de 1950 est présentée à l'Université de Montréal (Canada).


1954 : Début des tirages couleur sur papier Telcolor.


1955 : Photographies au 1/10 000e de seconde avec l'Eclatron, un des premiers flashs électroniques portatifs, acheté d'occasion.


20 octobre 1955 : Décès de Thérèse Dupont, née Watteeuw, sœur aînée de Fernand.


1956 : Fernand remporte le premier prix au concours national de photographie, avec la note 20/20, fait sans précédent dans les annales de la fédération, avec une  photographie de trainées d'étoiles. Cette photographie représentera le Photo-club de Beauvais dans plus de 30 salons internationaux.


13 juin 1964 : Reportage sur la troisième visite du général De Gaulle à Beauvais.


1966 : Première adhésion à la Société académique de l'Oise.


1967-1969 : Expropriation et destruction de la maison Watteeuw (rue du Pressoir-Coquet), en vue de l'élargissement de la R.N. 31, et construction d'une nouvelle maison, au même endroit mais reculée de 20 mètres.


1971 : Le président du photo-club beauvaisien, Michel Mancel, lance une grande idée : pour le cinquième centenaire du siège de Beauvais de 1472, il demande aux membres du club de faire le " portrait de Beauvais ", c'est-à-dire de photographier la ville dans tous ses aspects. Les meilleures photographies seront réunies, insérées dans un container étanche et placé dans un lieu à déterminer pour franchir les siècles. Beaucoup, dont Fernand, se mettent à " mitrailler ", mais le projet n'aura pas de suite.


Du 2 au 15 juin 1975 : Exposition " Folleville, les derniers feux du gothique " dans les locaux de Culture et Loisirs de Beauvais, photographies de Jean Dufresne et de Fernand Watteeuw.


25-26 octobre 1980 : Exposition " Les grands photographes beauvaisiens " au théâtre municipal de Beauvais, organisée par le Photo-club beauvaisien.


Novembre 1980 : Publication, par le GEMOB, du livre de Fernand Watteeuw Beauvais et les Beauvaisiens des années 40.


1981 : Fernand récupère des appareils Foca détruits à la suite de la cessation d'activité du fabricant et entreprend de les restaurer (il veut en réparer un à l'aide des différents exemplaires endommagés).


1982 : Fernand achète un Kodak-Disc.


1983 : Fernand utilise un Focaflex restauré avec un téléobjectif de 300 mm.


1985 : Projet d'exposition sur Fernand Watteeuw au musée départemental. Ce projet ne verra jamais le jour en raison d'un désaccord, concernant notamment la rédaction du catalogue.


Février 1985 : Fernand présente une conférence devant la Société académique de l'Oise : " Etude succincte de la gramophonie ".


19 janvier 1988 : Lors d'une réception à la préfecture, Fernand utilise pour la première fois son nouvel appareil Canon.


1993 : Fernand prête quelques photographies pour l'exposition du 50e anniversaire du bombardement de la Caisse des Assurances Sociales.


1996 : Fernand prête une partie de ses photographies pour une exposition au musée de l'aviation de Warluis.


8 août 1999 : Décès de Geneviève, sœur de Fernand Watteeuw.


31 mars 2003 : Décès de Fernand Watteeuw.


2003 :  Acquisition du fonds photographique Watteeuw par le Conseil général de l'Oise, avec le concours du ministère de la culture et de la communication (direction des archives de France) et la Ville de Beauvais.

Fonds acquis et inventorié avec le concours du ministère de la culture et de la communication et de la Ville de Beauvais.